mardi 25 septembre 2012

La dimension fantastique - II

 
La dimension fantastique – II


Editions Librio, 128 pages, illustration de J. K. Potter

Ce deuxième recueil de La dimension fantastique continue sur la même lancée que le premier en gardant toujours le but de faire découvrir aux lecteurs les écrits classiques d'auteurs connus, et méconnus pour leur goût du fantastique. De même que la première anthologie, celle-ci est présentée par Barbara Sadoul chez Librio, la première édition datant de 1998. L'époque visée est toujours la même, s'étalant du XIXème siècle au milieu du XXème. Le XIXème siècle est celui du changement et de l'innovation, il se manifeste en littérature par cette explosion du fantastique. Ces six nouvelles explorent toujours le thème du doute mais aussi de la crainte avec des sujets proche du mysticisme et des légendes. L'immortalité est-elle possible ? Les vampires font-ils partis de notre monde ? Tant de questions qu'on ne se pose pas sérieusement, même à l'époque mais qui suscite une fois de plus le doute, ce qui fait tout l'attrait de ces nouvelles que voici :

Honoré de Balzac (1799 – 1850) : L'Élixir de longue vie

Alors que Don Juan, jeune homme jouissant des plaisirs de la vie, s'amuse en soirée mondaine. On lui apprend soudainement que son père se meurt. Celui-ci lui demande alors de réaliser un rituel bien étrange après sa mort qui va chambouler au plus profond de soi son fils.

Pétrus Borel (1809 – 1859) : Gottfried Wolfgang

Un homme se voit confier les écrits du précédent locataire de sa chambre. Intrigué, il commence une lecture qu'il espère fantaisiste mais dont il ne sait vraiment le degré de réalité. Après tout, la vie peut-elle nous jouer de tel tour ?

SAKI (1870 – 1916) : Sredni Vashtar

Conradin est un garçon qu'on a condamné, à tort. En effet, le médecin ne lui donnait que cinq jours à vivre après sa naissance. Une erreur dramatique qui eut pour conséquence le mépris et manque d'amour de la tante de l'enfant, dont elle a la charge. Le petit la hait d'ailleurs cordialement. C'est pour ça qu'il la rejoint, cette divinité qui le comprend.

Fitz-James O'Brien (1828 – 1862) : La Chambre perdue

Quoi de mieux que la nuit fraîche pour se détendre et prendre l'air. Alors que c'est précisément à ce que songe le personnage principal de cette histoire, trouvant sa chambre étouffante et pesante, il fait une drôle de rencontre dans le jardin. On le met en garde, il logerait chez des vampires, ces cannibales de la nuit.

Jean-Louis Bouquet (1898 – 1978) : Les Filles de la nuit

Un écrivain tranquille et amoureux reçoit un jour la visite d'un Modeleur, selon ses propres termes, qui lui vends des petites poupées à l'effigie de ses héros et personnages. Ravi, l'écrivain s'attache très vite à ses poupées et prend vie un nouveau monde sous ses yeux.

Theodore Sturgeon (1918 – 1985) : Hier, c'était lundi

Hier, c'était lundi. Mais aujourd'hui on est mercredi. C'est avec cette absolue certitude que se réveille le personnage de la nouvelle. Subsiste alors la question suivante : mais qu'est donc devenu le mardi ?
Prix: Librio: 2€


Marion


L'avis de Marion : Il n'est absolument pas dérangeant de lire les deux anthologies à la suite, j'ai même apprécié de les lire à si peu de temps d'écart, cela m'a permis d'avoir encore en mémoire les autres nouvelles pour les comparer à celle-ci. Tout d'abord, je trouve plaisant la différence radicale des œuvres entre la première et deuxième anthologie. Les ambiances sont différentes, le deuxième livre est plus sombre, peut-être est-ce cela qui fait son charme par rapport au premier plus classique à mon goût.
L'élixir de longue vie aborde le sujet de la résurrection avec une certaine philosophie et angoisse. La confiance entre père et fils est au centre de cette histoire et fait tout autant réfléchir que la dimension fantastique que Balzac a instauré. L'ambiance est particulièrement angoissante mêlant le frisson du thriller au fantastique qui emballe l'imagination. C'est une bonne nouvelle que le style, très descriptif, de Balzac n'alourdit pas et n'entache rien à la qualité.
Gottfried Wolfgang n'est pas celle qui m'a le plus marquée. La nouvelle est très courte et quoique la fin soit surprenante, je n'ai pas trouvé qu'il y ait grand chose d'attrayant. Un jeune homme poétique qui s'entiche d'une femme plus âgée, c'est très classique et peu distinctif par rapport aux autre nouvelles.Sympathique mais sans plus.
Sredni Vashtar explore en profondeur et avec brio le mysticisme des religions issus du délire d'un petit garçon. Bien que courte, la nouvelle est très prenante et nous laisse sur une note d'horreur et de stupéfaction. A lire absolument pour les fans du genre.
La chambre perdue est un genre de balbutiement du mythe du vampire qui est appréciable mais sans plus. La nouvelle est complètement dans le cliché des êtres immortelles, diaboliquement beau et adepte des orgies. Cependant le concept de la chambre perdue est très intéressant et donne le charme de la nouvelle.
Les Filles de la nuit est une bien étrange nouvelle que je ne saurai dire si je l'ai ne serait-ce qu'apprécier. Tout d'abord la nouvelle est longue, ce qui n'est pas forcément nécessaire je trouve, et l'histoire n'est pas captivante – encore un amour à sens unique – même si l'on voit un petit côté mysticisme – avec le genre de vaudou – qui donne un brin d'originalité. Sans plus.
Hier, c'était lundi est sans conteste ma préférée du recueil. Quel concept philosophique épatant. La cohérence et la logique du propos de l'auteur m'a amené à me poser la question : une telle possibilité sur le fonctionnement du monde est-elle possible ? Sturgeon a réussi à me mettre le doute sur mon propre monde, je suis donc conquise.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire