mardi 2 octobre 2012

La dimension fantastique - III


La dimension fantastique – III

Edition Librio, 122 pages, illustration de J. K. Potter

Nous voici une fois de plus en voyage dans La dimension fantastique avec cette fois-ci des auteurs un peu plus variés chronologiquement parlant. Dans ce nouveau recueil de 1999, Barbara Sadoul nous propose six auteurs du XXème siècle et quatre du XIXème siècle qui figurent parmi les plus célèbres de leur siècle. Avec cette période de l'histoire littéraire, c'est un mélange entre épouvante-horreur et fantastique qui nous berce dans ces nouvelles. On y trouve un nouvel aspect qui se veut parfois explicatif des légendes ou même des clichés sur nos croyances démoniaques. Une nouvelle dimension, par rapport aux deux autres anthologies, dont voici les auteurs :

Gustave Flaubert (1821 – 1880) : Rêve d'enfer

Sur la terre en sommeil, une voix raconte. Elle narre la vie du duc d'Arthur d'Almaröes, une créature aux cheveux bleus et aux ailes vertes. Il est question de savoir si une telle créature a une âme et dans ce pari risqué ce fut celle d'une jeune fille innocente qui fut mise en péril.

Victor Hugo (1802 – 1885) : Le Diable chiffonnier

Comment le diable, Asmodée, est-il devenu le bossu boiteux de nos croyances populaires ? Hugo nous livre la réponse dans cette courte nouvelle.

Alexandre Dumas (1802 – 1870) : Le Bracelet de cheveux

Une brave femme, souffrante d'avoir perdu son premier enfant, ne peut se résoudre à quitter son mari pour un voyage afin de soulager ses douleurs. Un pressentiment la guette. Le malheur pourrait bien les frapper de nouveau. L'infortunée ne croit pas si bien dire.

Oscar Wilde (1854 – 1900) : Le Prince heureux

Au centre d'une ville se dresse, une statue d'un prince dit bien heureux, il brille de mille feux par sa dorure, ses rubis et ses yeux de diamants. Mais cette statue au cœur de plomb souffre, c'est ce qu'une hirondelle verra mieux que les hommes dont le prince est si soucieux.

Claude Farrère (1876 – 1957) : Les Deux Masques de cire

L'identité faciale est quelque chose de précieux dont personne ne peut abuser celle de l'autre. Même pour un masque. Surtout s'ils sont à l'effigie des défunts, sinon la mort exprime son dût.

Marcel Brion (1895 – 1984) : La Corne de corail

Un italien amateur de maisons anciennes essaye par tous les moyens de persuader le propriétaire de l'une d'elle, qui est inhabitée depuis 40 ans, de lui vendre ou louer. Face à refus obstiné de l'homme, le potentiel acheteur s'en va, énervé. Ses pas le mènent à la fameuse maison. Que n'est pas sa colère quand il se rends compte que le propriétaire lui a menti : des personnes habitent le lieu …

Arthur Porges (1915 – 2006) : 1 dollar 98

Will, un jeune anglais un peu rêveur, sauve une musaraigne lors d'une promenade en forêt. Sous ses yeux ébahis, un petit dieu se transforme et lui explique qu'il lui est redevable mais que sa faveur ne devra pas dépassé la somme de 1 dollar 98.

Fredric Brown (1906 – 1972) : Du sang !

Vron et Dreena sont les deux derniers vampires sur terre suite à une chasse aux vampires quand leur espèce fut révélée au monde. Harcelés de toute part, le couple, assoiffé, mourant de faim, ont construit une machine à voyager dans le temps pour trouver une époque qui les aurait oublié. Enfin, ils trouvent mais …

Ray Bradbury (1920 – 2012) : Le Vent

Herb est inquiet pour son meilleur ami Allin. Celui-ci ne cesse de l'appeler pour lui dire qu'il est poursuivi par le vent, qu'il veut sa mort. Au fil de la soirée et des coups de téléphone, Herb entends la terrible paranoïa de son ami. En est-ce vraiment une ?

Alexandro Jodorowsky (1929 – toujours vivant) : Les Frères Siamois

Deux frères siamois partagent la même tête mais l'un comme l'autre ne savent pas que chacun a sa propre conscience. Jusqu'au tragique accident.
Prix: 2 €

Marion

L'avis de Marion : Globalement, j'ai beaucoup aimé ce recueil, même si certaines nouvelles m'ont laissée perplexe.
Rêve d'enfer fut une nouvelle très intéressante sur la notion d'âme que peut avoir ou non un démon. Flaubert est très descriptif, il installe vraiment son univers en relatant la vie de son personnage Arthur. L'installation est d'ailleurs un peu trop longue à mon goût. Mais l'histoire devient toute suite plus intéressante avec la jeune fille. Petit bémol pour le début et la fin de la nouvelle que j'ai jugé incompréhensible : d'où viennent ces voix ? À qui sont-elles ?
Le Diable chiffonnier est une nouvelle plutôt marrante qu'angoissante. J'ai beaucoup aimé les descriptions de Hugo sur son diable et surtout l'effet explicatif du pourquoi de l'apparence du diable. J'ai pu y voir son acharnement, sa perfidie mais aussi la justice à laquelle il n'échappe pas. Une nouvelle sympathique.
Le Bracelet de cheveux est une nouvelle sympathique même si je n'ai pas vraiment compris en quoi toute l'histoire pouvait aboutir à la conclusion d'une potentielle immortalité comme l'annonce l'homme au début. Finalité de la chose, j'ai aimé la nouvelle mais n'en ai pas forcément compris l'enjeu.
Le Prince heureux est sans doute ma nouvelle préférée du recueil. Oscar Wilde m'a touchée avec cette nouvelle philosophique et très attachante sur ses deux êtres qui se rencontrent : une hirondelle amoureuse et une statue au cœur de plomb bien battant et aimant. La touche finale est le geste de Dieu à la fin de la nouvelle. Un coup de cœur à la hauteur de l'auteur que j'apprécie énormément.
Les deux masques de cire est sans doute la pire nouvelle que j'ai lu de toutes les dimensions fantastiques. Très courte, et heureusement, la dimension philosophique se perd dans l'absurdité de la situation et la chute de l'histoire n'apporte rien à cause des dernières explications qu'on aurait pu éviter. Une nouvelle dont la lecture n'apporte vraiment rien.
La Corne de corail m'a apporté autant que la nouvelle précédente : rien. Où est le fantastique ? Où est le frisson qu'est sensé nous apporter la nouvelle. Elle n'apporte rien et ne m'a fait ressentir qu'un sentiment d'ennui. La seule chose que j'ai pensé pendant cette nouvelle était « vivement la prochaine ».
1 dollar 98 fait parti de mes coups de cœur. C'est une belle façon de voir la matérialité de la vie mais aussi qu'il est possible de rendre heureux avec peu de moyen. Rien n'est à ajouter, il suffit de lire la nouvelle pour comprendre toute son intensité.
Du sang ! m'a fait sourire par l'ironie de la situation dans laquelle se trouve ces deux créatures mythiques. Elle est sans aucun doute le troisième coup de cœur du recueil. Bien que très courte, deux pages, la nouvelle est toute suite très prenante et toute l'ironie de la situation de ces deux prédateurs d'humains m'a fait adhérer immédiatement.
Le Vent est une nouvelle étrange qui nous donne la profonde angoisse que ressent Herb pour son meilleur ami mais aussi l'exaspération de la femme d'Herb qui voit sans cesse son mari au téléphone et même passer des nuits chez celui-ci. La fin de la nouvelle laisse totalement abasourdi par l'inexplication du phénomène.
Les frères siamois est une nouvelle tout bonnement étrange. Les deux points de vue séparés des frères qui ignorent la présence mentale est très bien faite mais une fois de plus je n'ai pas compris ce que faisait une nouvelle de ce genre dans un recueil de fantastique

5 commentaires:

  1. A quel génération (age) conseille tu ce livre ?

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  2. Je pense à partir de 12 ans environ et tout âge au dessus sans limite

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  3. Réponses
    1. Il existe effectivement un tome 4, je ne l'ai pas encore acquis d'où le fait qu'il ne soit pas encore présent sur le site.

      Marion

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