lundi 22 octobre 2012

Un Jeu interdit

Un Jeu interdit


 Editions Michel Lafon, 633 pages, illustration de Nathalie Shau

Le Chasseur, La Poursuite et L'Affrontement sont les trois tomes de la trilogie à succès Un Jeu interdit de l'auteur américaine L. J. Smith. Les romans furent publiés en 1994 aux éditions Simon & Schuster. La trilogie fut traduite et publiée en France en mars 2012 en un intégrale aux éditions Michel Lafon, on y retrouve tous les chapitres ordonnés par tomes qui sont gardés dans l'intégrale.


Pour l'anniversaire de son petit ami Tom, Jenny veut organiser la soirée parfaite. Le mauvais temps l'empêchant de faire sa soirée piscine, elle va à la recherche d'un jeu de société pour occuper ses invités. Dans une boutique étrange au vendeur non moins étrange, quand elle demande un jeu, le vendeur lui donne un simple boite blanche nacrée. Intriguée mais à la fois déçue, Jenny rentre avec la boîte sans l'intention de jouer. C'était sans compter sur Tom et ses amis qui ravis ouvrent le Jeu et monte une curieuse maison de papier du style victorien. La partie se met en marche dans le plus grand respect des règles, chacun jure de jouer de son plein gré et dessine avec enthousiasme son visage sur une poupée et son pire cauchemar sur un morceau de papier, qu'ils devront affronter au fur et à mesure du jeu. Mais soudainement, les joueurs se retrouvent dans la maison victorienne. Que feriez-vous si vous devriez affronter votre pire cauchemar au risque de votre vie, de celle de vos amis et de rester enfermés dans cette maison diabolique ?
Prix: Michel Lafon : 22, 80 € 

Marion


Attention, à l'image de l'édition française j'ai décidé de faire un seul article pour la trilogie. Toutefois pour respecter le choix d'origine de l'auteur, il y aura un avis pour chacun des trois tomes qui se succéderont.
L'avis de Marion : Tout d'abord, il ne faut pas se fier à la couverture française qui est niaise à souhait et ne sous-entend absolument pas l'intensité et toute l'horreur psychotique et fantastique de l'ambiance du livre. La jeune fille à la couleur de cheveux indescriptibles ne correspond absolument pas à Jenny ainsi que les roses et la petite robe, je ne parle même pas de l'homme derrière la fenêtre. Bref, la couverture est très mauvaise par rapport au livre.
Le livre en lui même en revanche est un chef d'oeuvre de tension, d'horreur et de fascination. Je me suis retrouvée dans un Jumanji encore plus diabolique puisque la maison est remplie des peurs des personnages.
Cette idée est d'ailleurs tout bonnement géniale. Les peurs des personnages sont toutes ou presque des peurs enfantines que le lecteur pourrait lui-même avoir. Elles nous paraissent futiles maintenant puisqu'on a grandi, mais Le Chasseur montre à quel point elles sont encore bien présentes en nous et quelle horreur ce serait que de devoir les affronter.
Les personnages ne sont pas des héros. Ils affrontent leurs cauchemars, se reconnaissent volontiers bien lâches et ne cachent pas avoir besoin des autres pour s'en sortirent. Ils ont conscience des dangers de la maison, que chaque blessure ou mort potentielle se répercuteront dans la réalité, mais il sont déterminés à sortir de cette maison malgré leur peur puisqu'ils seraient d'autant plus horrible de rester bloqué à jamais avec ses cauchemars.
L'ambiance du livre est parfaitement bien rendue. J'ai imaginé sans peine chacun des cauchemars des personnages et les ai craint avec eux. L'angoisse est présente mais aussi la fascination, j'avais envie d'en savoir toujours plus, impossible de lâcher le livre avec ce compte à rebours, cette course contre la montre oppressante qui presse les personnages et finalement presse les lecteurs à finir le livre, à avancer avec les joueurs dans ce Jeu infernal.
Conclusion : à lire absolument ! Un livre grandiose qu'on ne peut arrêter.

Mon avis pour La Poursuite est beaucoup moins enthousiaste. En effet, il était dur de poursuivre sur un rythme aussi effréné et palpitant que le premier et si l'ambiance est là, il manque quelques petits aspects qui en feraient un livre aussi intéressant que le premier.
Tout d'abord, le début est d'une lenteur incroyable. Peut-être mon avis est-il faussé parce que j'ai tout lu d'une traite, mais toujours est-il que l'édition française ne nous laissant aucun autre choix, cette impression devrait se retrouver chez d'autres lecteurs français. Si le jeu se lance rapidement dans Le Chasseur, ici il met une bonne moitié de roman à se mettre en place.
Toutefois, certains passages sont d'une incroyable force alternant entre délire paranoïaque et réalité fantastique qu'est le Jeu et le monde des Ombres et donnent un peu d'intérêt à cette première partie sans jeu.
Les personnages deviennent légèrement agaçants. Julian est désespérant, pas assez méchant pour le Maître des Ombres sous prétexte qu'il est fair-play et transi d'amour pour sa belle. Après ce qu'il s'était passé dans le premier tome, je souhaitais un vrai méchant. Loupé. Jenny est une super héroïne qui réussit tout et Tom n'est qu'un héros sombre et sacrifié tout ce qu'il y a de plus de basique.
Malgré un rythme soutenu dès lors que le Jeu se relance, il n'y a pas cette crainte et cette passion qui m'avaient transportée lors du premier tome. Un second tome donc largement en dessous du premier mais néanmoins correct qui nous fait passer un bon moment. 

L'Affrontement est décidément meilleur par rapport à La Poursuite. On retrouve tout le charme du premier tome avec une tension digne des films d'horreurs classiques mais toujours aussi efficaces. 
On retourne dans ce monde d'horreurs inspiré des plus grandes craintes des personnages dans un parc d'attraction lugubre à souhait. L'ambiance est donc exquise et m'a vraiment prise du début jusqu'à la fin.
Les personnages sont un peu moins exaspérants quoiqu'un peu niais et l'ambivalence de Julian est bien rendue même si la fin m'a un peu laissé un sentiment mitigé. L'histoire est peut-être un peu trop centrée sur Jenny à mon goût, ce qui est dommage car elle est le personnage le moins intéressant de la trilogie selon moi. Elle est prévisible, ne sait pas ce qu'elle veut, niaise. Bref, je ne l'apprécie pas au contraire des autres personnages trop souvent absent qui ont plus de relief qu'elle.
Le scénario peut sembler un peu répétitif mais, personnellement, je pardonne volontiers cette faiblesse à L. J. Smith, puisque le deuxième tome qui essayait de s'éloigner de cette strucutre m'a considérablement déçue.
Ce troisième tome remonte donc le niveau après la déception du second mais l'auteur aurait pu se contenter d'un livre. Toutefois, la trilogie est à lire, je la recommande fortement aux amateurs de frissons fantastiques.

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