lundi 26 août 2013

L'invincible forteresse


Le Trône de Fer

L'invincible forteresse


Editions Pygmalion, 324 pages, traduction de J. Sola, illustration de S. Youll


   L'Invincible forteresse est le cinquième tome de la saga du Trône de fer en France mais correspond au dernier tiers du second roman A Clash of Kings de George R. R. Martin. Edité en 1998 aux Etats-Unis par Bantam Books, cette seconde partie devenue roman fut publiée par Pygmalion en 2000 en France puis fut réédité en 2002 par J'ai lu, en 2009 pour la version intégrale de Pygmalion et en 2010 pour la version intégrale de J'ai lu.
Ainsi, ce dernier fragment est la fin de la seconde saison diffusée par HBO.

  Alors que tout souriait à Robb, le roi du Nord, celui-ci connait un coup dur : Theon Greyjoy l'a trahi, a envahi Winterfell et assassiné Bran et Rickon, les deux jeunes frères et héritiers du roi. Une sombre nouvelle inopportune puisque Lord Tywin Lannister a rassemblé ses troupes déterminé à mener l'ultime bataille contre le jeune loup. Stannis Baratheon en revanche voit sa situation aller de mieux en mieux. En effet, depuis la mort de Renly dans des conditions mystérieuses, la majorité des troupes de son jeune frère se sont ralliées à sa cause et marchent avec lui contre Port-Réal. Une situation qui n'enchante guère Tyrion qui tente tant bien que mal de préparer sa cité agonisante et démunie pour gagner une bataille qu'il pense déjà perdue d'avance. De son côté, Daenerys Targaryen avance toujours péniblement dans la douleur et les complots pour reconquérir son trône et pense trouver une aide providentielle à Quarth.

Prix : Pygmalion : 21, 90 €
Pygmalion intégrale : 22, 90 €
J'ai lu intégrale : 15, 90 €
France Loisirs intégrale : 14, 90 €
Marion

L'avis de Marion : Une conclusion de tome explosive qui promet des jours sombres à nos héros mais de beaux jours à la saga.
   Enfin le scénario se développe un peu plus vite dans les Sept Royaumes ! La guerre est aux portes de Port-Réal et la tension est palpable que ce soit pour les habitants ou pour le lecteur. On sent que de grandes choses vont se passer, et, pour cause, tous les éléments sont réunis pour en faire le meilleur tome jusqu'ici ! La tactique fait place à l'action et le seul élément dérangeant est finalement l'absence de réponse à la fin haletante du premier tome. Pour la seule scène de la Néra l'oeuvre suffit à convaincre. Avec un talent et une dextérité rare, cette scène nous est livrée sous différent point de vue opposé qui fait que le lecteur ne peut choisir un camp. C'est d'ailleurs tout l'enjeu des romans, il est impossible de choisir clairement un parti sans avoir de regret pour un personnage qui lui est opposé. Un fait donc qui pour ma part témoigne d'un scénario sublimement bien travaillé.
  Je ne m'appesentirai pas sur la qualité d'écriture qui est toujours aussi bien travaillé mais entaché par une traduction parfois maladroite et voire même sans cohérence. Un regret qui me donne envie de les lire en anglais puisque parait-il que l'écriture original de George R. R. Martin est plus simpliste que la traduction qui en a été faite - ce qui serait une immense déception. 
   Avec ce nouveau roman, nous entrons dans l'intimité de Theon et de Davos Servault, un homme d'ailleurs dont la soudaine apparition surprend et dont j'ai eu du mal à replacer le rôle. 
  Si le lecteur croyait avoir tout vu avec l'acte de Jaime et les autres atrocités de Westeros, l'auteur prouve une fois de plus qu'il n'a aucune limite avec ses personnages en adoptant le point de vue de Theon. Bien que ses actes lui valent d'être le personnage que je hais le plus, au-delà de ce détail c'est avant tout sa personnalité et les raisons pour lesquelles il commet ses actes qui font de lui le personnage répugnant qu'il est. Avec une justesse surprenante, l'auteur en fait un personnage rien de plus d'humain, un homme avec des ambitions, une fierté, un orgueil mis à mal mais surtout qui a besoin de reconnaissance.
   Les passages de Davos sont très peu nombreux mais longs et je n'ai malheureusement pas eu l'impression qu'il apportait grand chose hormis lors de la Néra, dont je ne peux dire un mot pour ne pas gâcher le plaisir du lecteur.
    Une fois de plus, les meilleures passages reviennent aux trois-mêmes: Arya, Jon et Tyrion.
    Si Jon ne s'était pas vraiment distingué dans le tome précédent faute d'action, il s’illustre dans celui-ci par son passage de l'adolescence à l'âge adulte mais un adulte dont le coeur ne peut se détacher de ses choses de l'enfance comme la reconnaissance du père.
    Arya se détache une fois de plus par son caractère d'enfant guerrière. Emprisonnée, maltraitée, démoralisée sans cesse, la petite Stark trouve néanmoins la force de survivre et même d'aller au-delà de cela en réalisant des prouesses que même des adultes n'auraient pas eu le courage de faire. Une fillette qui a du cran et qui, je le sens, perdurera largement plus que son frère Robb. Celui-ci est d'ailleurs une fois de plus absent du roman, ce qui me fait persister dans l'idée que le malheureux ne fera pas long feu.
   Enfin Tyrion se révèle une fois de plus guerrier mais aussi beaucoup plus sentimental qu'il n'en parait. Un petit bout d'homme plein de surprise donc qui ne cesse de me faire espérer la réussite de chacun de ses plans alors qu'il est un Lannister et donc l'ennemi de ma maison favorite. Du grand art, une fois de plus.
   En somme, j'ai complètement été subjuguée par la puissance de A Clash of Kings qui, je n'en démords pas, doit se lire en un seul roman plutôt que de lire La Bataille des Rois puis L'Ombre maléfique et enfin L'Invincible forteresse, qui sont pour moi une aberration éditoriale. 

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